Le PQ tiendrait un sommet sur l'éducation dans les 100 premiers jours
Si le chef libéral, Jean Charest, a d'emblée inscrit le conflit étudiant au coeur de la campagne, son adversaire péquiste, Pauline Marois, a fait des enjeux de cette crise un premier engagement électoral.
Accompagnée de ses candidats lavallois, la chef du Parti québécois a choisi la circonscription de Laval-des-Rapides, où se présente son candidat vedette Léo Bureau-Blouin, pour annoncer ses promesses en éducation, qu'elle s'engage à mettre en oeuvre dans les 100 premiers jours de mandat d'un gouvernement péquiste.
Abrogation de la loi 78, qui encadre notamment les manifestations, annulation de la hausse des droits de scolarité de 82 % sur sept ans prévue par les libéraux, et organisation d'un sommet sur l'éducation supérieure, où seraient notamment abordés le financement et la gestion des universités, font partie du plan péquiste.
Cette élection offre aux Québécois un choix tranché, a estimé Mme Marois : d'un côté, les libéraux et les caquistes qui veulent « endetter la jeunesse » et faire perdurer la crise. De l'autre, le PQ qui a un plan pour y mettre un terme
Présentant en exemple « le fiasco de l'Îlot Voyageur », la délocalisation de campus universitaires, qui a coûté 56 millions de dollars, et des « parachutes dorés des dirigeants » totalisant 1 million de dollars, Pauline Marois a présenté la tenue du sommet qu'elle propose comme « une priorité ». Citant une étude (dont elle n'a pas précisé la source), elle a affirmé que le gouvernement, les étudiants et le privé investissaient collectivement 29 242 $ par étudiant, comparativement à 26 383 $ Ontario et 28 735 $ pour le reste du Canada.
« Il y a manifestement un ménage à faire et il faut donc parler de la gestion avant de parler de sous-financement ou de hausse des frais de scolarité », a-t-elle dit, reprenant ainsi un thème martelé au cours des derniers mois par sa formation, mais aussi par les associations étudiantes.
Léo Bureau-Blouin a indiqué que le logement étudiant, l'aide financière aux études et le remboursement de la dette étudiante feraient aussi partie des enjeux abordés au cours du sommet. Il ne faut pas qu'un sommet « se limite à la simple question des droits de scolarité », a-t-il déclaré.
Les étudiants auront leur mot à dire au cours du sommet, a-t-il assuré, précisant que le tiers des sièges leur serait réservé à ce sommet. Le gouvernement et la société civile formeraient un autre tiers chacun.
Gel contre indexation des droits
Si ce sommet menait à la conclusion qu'il faut hausser les droits de scolarité, Pauline Marois s'est engagée à ne pas le faire au-delà du taux d'inflation.
En faveur du gel des droits de scolarité, l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) s'est défendu d'être en contradiction avec la formation qu'il vient de rejoindre.
Voyant dans le gel une « politique publique gagnante pour garantir l'accessibilité aux études », il a estimé qu'un sommet permettrait de « dégager un consensus au sein de la société québécoise et sortir du débat de gel-dégel ».
« « J'ai des convictions, que j'ai portées en tant que représentant étudiant et je continue de les porter en tant que candidat et, je l'espère, en tant que député. Mais d'abord et avant tout, je suis un homme de consensus. » » - Léo Bureau-Blouin
Il s'est dit convaincu que les mesures proposées par le PQ permettraient un retour à la paix sociale et le développement d'un des réseaux universitaires « les plus compétitifs et les plus abordables de la planète ».
Si la FECQ, comme les autres associations étudiantes, s'est retirée d'un précédent sommet sur le financement des universités, tenu en décembre 2010, la situation serait différente avec un gouvernement péquiste, croit l'ancien leader étudiant. Contrairement au Parti libéral, qui a voulu « diviser la société québécoise pour marquer des points », son parti est « à l'écoute » et a une « volonté réelle de régler cette crise pour rassembler les gens », a-t-il affirmé.
Acteur très médiatisé pendant le conflit étudiant, M. Bureau-Blouin a dû répondre à plusieurs questions des journalistes, notamment sur les commentaires formulés à son endroit par le chef libéral, qui l'a défini comme l'un des « instigateurs » de la crise étudiante. Il s'est dit « surpris de la rapidité et la véhémence des attaques de Jean Charest » et a promis de mener une campagne d'idées. C'est aussi pour que cesse cette façon de faire de la politique qu'il a décidé de sauter dans l'arène, a-t-il dit.
Présentant sa jeune recrue comme un homme « courageux » et « serein » et l'opposant à un Jean Charest « fermé au dialogue », Pauline Marois a accusé ce dernier d'instrumentaliser toute la crise étudiante et de mener une campagne négative pour détourner l'attention des scandales de corruption. « Si Jean Charest a été aussi dur avec les jeunes, c'est pour faire oublier à quel point il a été mou devant la corruption. »
Décrochage scolaire et garderies à 7 $
En après-midi, Pauline Marois a présenté sa candidate dans la circonscription montréalaise de Crémazie, Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal. La chef péquiste a vanté les qualités de Mme De Courcy, qui habite le quartier depuis 30 ans et possède une connaissance intime du milieu scolaire.
La candidate péquiste a de son côté spécifié que la formation s'attaquerait au vieillissement des infrastructures.
Mme Marois a profité de l'annonce de cette candidature pour dévoiler son deuxième engagement, axé sur la réussite des élèves. Le PQ propose notamment de contrer le décrochage scolaire par l'embauche de 600 professionnels supplémentaires d'ici 2015.
La formation entend aussi mettre en place des mesures spécifiques pour les enfants défavorisés. Elle étudierait la possibilité d'implanter dans les milieux défavorisés la maternelle à temps plein à 4 ans.
Pauline Marois a aussi promis une politique cohérente d'aide à l'enfance. Elle a d'ailleurs affirmé ne pas avoir « l'intention » d'augmenter la contribution parentale aux services de garde, qui s'élève actuellement à 7 $ par jour.
Demeurant prudente et laissant toutes les portes ouvertes, Mme Marois a toutefois déclaré que si son parti prenait un tel engagement, il entendait le tenir, et ce, le temps de son mandat.
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