Jean Charest défend la décision de son gouvernement d'appuyer la relance de la mine Jeffrey
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a défendu mardi la décision de son gouvernement d'appuyer la relance de la mine Jeffrey d'Asbestos.
Québec a annoncé vendredi dernier l'octroi d'un prêt de 58 millions de dollars, remboursable avec intérêts. Mine Jeffrey veut relancer les activités de sa mine d'amiante souterraine et ainsi prolonger la durée du gisement de plus de 20 ans.
Selon Jean Charest, le gouvernement du Québec a traditionnellement toujours défendu cette industrie. « C'est une position qui a transcendé les partis politiques et les gouvernements, l'utilisation sécuritaire du chrysotile, et donc c'est une position qui reflète nos convictions, et d'ailleurs, il y a des conditions d'exploration et d'exportation qui sont rattachées à ce prêt », a expliqué le premier ministre.
De son côté, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, était de passage à Asbestos pour inaugurer les nouveaux locaux du Centre de santé et des services sociaux.
Il estime que la situation a beaucoup évolué depuis 40 ans et qu'il est maintenant possible d'exploiter de façon sécuritaire ce genre de produit.
Réactions négatives
De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer l'octroi de ce prêt.
Le cofondateur de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, ne comprend pas que le gouvernement mette des fonds publics dans l'amiante. « On ne comprend pas. Le gouvernement appuie la mine avec des fonds publics qui assassine non seulement des milliers de personnes à l'international, mais qui cause aussi des ravages phénoménaux ici au Québec ! »
Idem pour le président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, qui a envoyé une lettre de protestation au premier ministre Jean Charest.
Même indignation chez Greenpeace, qui trouve scandaleux et honteux d'encourager cette industrie.
Réouverture en 2013
La mine d'amiante Jeffrey devrait rouvrir entièrement en août 2013. C'est ce que le président de la mine, Bernard Coulombe, a annoncé lundi à quelque 200 employés de la mine.
Ce délai d'un peu plus d'un an est attribuable à la nécessité d'effectuer d'importants travaux à la mine, notamment sur les deux moulins qui n'ont pas fonctionné depuis deux ans.
Lorsque les travaux de réfection seront terminés, près de 500 travailleurs seront employés à la mine Jeffrey.




