Conflit étudiant : des scientifiques arborent le carré blanc
Un groupe d'une soixantaine de professeurs et de scientifiques de plusieurs universités et de centres de recherche québécois réclame à son tour un moratoire sur le projet de hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest.
Ces universitaires joignent ainsi leur voix à celle d'une coalition d'une cinquantaine de médecins québécois, qui a décidé vendredi dernier d'appuyer le mouvement « Portez le carré blanc » initié par des parents. Ces derniers ont invité la population à porter le carré blanc de l'armistice pour mettre fin au conflit.
Préserver la paix sociale
Les professeurs se disent extrêmement préoccupés par l'escalade de la violence observée au cours des dernières manifestations, notamment celle de Victoriaville.
Les scientifiques pressent le gouvernement Charest d'agir afin de rétablir dans les plus brefs délais la paix sociale. Ils craignent que la situation dégénère et qu'un étudiant perde la vie lors d'une manifestation.
« On a passé à un cheveu ça à Victoriaville », déplore Louis Bernatchez, professeur au Département de biologie à l'Université Laval.
« Les manifestations se multiplient. Cette semaine, ça va être une grosse semaine. Les esprits continuent de s'échauffer, le débat se radicalise. C'est déjà la catastrophe. Un seul décès, ça va être absolument catastrophique et certainement qu'on a peur. » - Louis Bernatchez, professeur au Département de biologie à l'Université Laval
« Je pense qu'il y a une dimension qu'on a occultée jusqu'à présent, c'est que ça recouvre aussi ces grèves-là, ces manifestations-là et cette suspension des cours des drames humains qui sont majeurs. Il y a des étudiants, certainement, qui souffrent énormément du contexte », indique pour sa part Joël de la Noüe, professeur émérite de l'Université Laval.
De son côté, Robert Michaud, un des parents qui a lancé le mouvement « Portez le carré blanc », dit espérer que le soutien des professeurs et scientifiques convaincra le premier ministre de décréter un moratoire sur la hausse des droits de scolarité.




