Transports collectifs : la CMM recommande d'augmenter la taxe sur l'essence
Afin d'atteindre ses objectifs de développement des transports en commun, la commission de transport de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM) recommande entre autres d'augmenter la taxe sur l'essence et d'indexer la taxe sur l'immatriculation, apprend-on dans un rapport déposé jeudi.
La commission de Transport de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 villes, propose ainsi que la taxe sur l'essence soit graduellement augmentée sur le territoire de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), mais aussi à l'échelle du Québec. Elle considère toutefois qu'il faut tenir compte de « la capacité de payer des contribuables et des usagers ainsi que de l'impact sur la compétitivité et l'attractivité de la région de Montréal ».
Selon un communiqué du CMM, la taxe sur l'essence est la mesure qui a reçu le plus d'appuis des participants au cours de la consultation publique.
En plus de pouvoir être en vigueur rapidement, cette mesure, a expliqué Gilles Vaillancourt, maire de Laval, est la plus équitable et la moins chère à percevoir.
« C'est [la source de revenus] qui permet de mieux relier le comportement environnemental du véhicule à sa facture. Celui qui a une petite voiture à quatre cylindres, ou une voiture hybride qui consomme moins, paiera moins. Celui qui veut se payer un gros véhicule, un VUS, devra payer plus. » - Gilles Vaillancourt, maire de Laval
La CMM recommande aussi que la taxe sur les droits d'immatriculation soit indexée et modulée selon le nombre de cylindrées.
L'installation de péages ne fait pas partie des recommandations, mais la commission propose que des mesures telles que la tarification routière métropolitaine et la taxation du stationnement soient mises à l'étude afin d'évaluer leur faisabilité.
Pour que ces nouvelles mesures soient mises en place, le gouvernement provincial devra cependant répondre favorablement aux demandes des élus municipaux, « peu importe la couleur qu'il aura le 5 septembre au matin », a indiqué Caroline Saint-Hilaire, présidente de l'agglomération de Longueuil.
« Ce sera notre responsabilité d'aller expliquer aux citoyens que si on leur demande un effort additionnel, c'est en fonction d'une bonification du transport en commun, qui va permettre de décongestionner l'île de Montréal et les couronnes. » - Gérald Tremblay, maire de Montréal
Les automobilistes ne sont pas les seules cibles de financement visées par le rapport de la commission, qui demande aussi au gouvernement du Canada que « l'intégralité de la taxe d'accise sur l'essence (10 ¢/litre) soit versée aux provinces. »
Le rapport de 76 pages comprend 16 grandes recommandations qui touchent la gouvernance, les investissements, le financement, le cadre financier, les programmes de subvention et l'étude d'autres sources de revenus.
En décembre 2011, les élus municipaux du Grand Montréal ont adopté le Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD), qui vise notamment à « développer le transport en commun » et à « favoriser la densification du territoire ». Un des objectifs du PMAD est faire passer de 25 % à 30 % le taux d'utilisation du transport en commun d'ici 2021, soit éliminer l'équivalent de 180 000 déplacements automobiles à l'heure de pointe, nécessitant un investissement de 23 milliards de dollars.Pour y arriver, la CMM devra trouver de nouvelles sources de financement. La commission de transport de la CMM a donc obtenu le mandat d'étudier les sources de revenus potentielles. Une consultation publique a été effecutée sur tout le territoire métropolitain le printemps dernier.




