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Vendredi 15 mars 2013 20 h 46

Peu de temps après les déclarations fracassantes de la Fraternité des policiers de Montréal à l'endroit du directeur général de la Ville, Guy Hébert, les autorités municipales réitèrent leur confiance envers leur haut fonctionnaire.
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La Ville de Montréal à couteaux tirés avec ses policiers

Peu de temps après les déclarations fracassantes de la Fraternité des policiers de Montréal à l'endroit du directeur général de la Ville, Guy Hébert, les autorités municipales réitèrent leur confiance envers leur haut fonctionnaire.

Plus tôt, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, s'est porté à la défense du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, en dénonçant l'ingérence politique dans les affaires policières.

M. Francoeur a réclamé le congédiement du directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert. « Nous avons été sidérés par cette tentative d'ingérence politique de la Ville dans les affaires courantes du service de police », s'est indigné M. Francoeur. « De toute évidence, dans les circonstances, Guy Hébert n'est plus apte à occuper son poste. »

On demande aux élus de Montréal, plus particulièrement aux membres des partis d'opposition qui forment la coalition, de le congédier sans délai.
— Yves Francoeur

Contrat, enquête et relations de travail

M. Francoeur réagissait ainsi à un article du quotidien La Presse, qui affirme que Guy Hébert a commencé à monter un dossier contre Marc Parent lorsqu'il a appris que le chef de police avait rencontré le contrôleur général de la ville, Alain Bond, pour lui parler d'irrégularités au sujet de l'octroi d'un contrat, auxquelles aurait été mêlé le directeur général de la ville.

L'affaire serait remontée jusqu'à Québec, Guy Hébert aurait réclamé la tête du chef de police. Ce qui a mis le feu aux poudres concerne l'attribution d'un contrat de 42 millions de dollars pour les communications opérationnelles qui aurait été entaché de favoritisme, selon Motorola, dont la soumission a été rejetée.

M. Francoeur comprend mal l'ingérence politique de l'administration municipale dans les affaires du SPVM alors que le maire Michael Applebaum témoignait, il y a quelques semaines, sa confiance envers le SPVM en précisant qu'il avait « carte blanche ». Sans blâmer directement le maire Applebaum, M. Francoeur refuse de lui témoigner sa confiance. « J'ai beaucoup de difficultés à penser que ce serait une initiative personnelle du directeur général, mais je n'irai pas plus loin », s'est-il contenté de commenter.

Le président du syndicat des policiers est allé plus loin en amalgamant le conflit politique entre MM. Parent et Hébert aux négociations syndicales entre la Ville et ses policiers. « On a enfin compris, ce matin, d'où venait l'obstination irrationnelle de la Ville dans le dossier des horaires des policiers de première ligne, a déclaré M. Francoeur. C'était une magouille pour monter les policiers contre le directeur Parent pour que ce soient les policiers qui obtiennent sa démission. »

La direction du SPVM souhaite mettre un terme à un projet-pilote sur les horaires des policiers de Montréal.

Faire de la politique au détriment de la qualité de vie des policiers, c'est dégueulasse.
— Yves Francoeur

La Ville de Montréal tente de calmer le jeu

Le président de la Commission de la sécurité publique, Christian G. Dubois, a réitéré sa confiance au directeur du SPVM, Marc Parent, et au directeur général de la Ville, Guy Hébert.

Il [FPPM] parle d'ingérence politique. Il n'y a pas d'ingérence politique.
— Christian G. Dubois

M. Dubois entend rencontrer M. Hébert le plus rapidement possible pour « tirer cette affaire au clair ». Il estime que le mécontentement de la Fraternité des policiers envers la décision de mettre un terme aux horaires de trois jours de la direction du SPVM explique l'intervention de son président. Il croit que c'est un autre mécontentement, celui de la société Motorolla, qui est à l'origine de l'intervention de M. Parent auprès du contrôleur général.

M. Dubois croit que le processus d'attribution de contrat a été fait dans les règles de l'art et que le mécontentement de Motorolla s'explique par sa candidature malheureuse lors de cet appel de candidatures.

Quant à savoir si le directeur général de la Ville fait l'objet d'une enquête ou non, M. Dubois affirme ne pas le savoir. « Cette information, je ne l'ai jamais eue, a déclaré M. Dubois. [...] C'est de l'information privilégiée qui n'est pas accessible ni aux élus ni aux fonctionnaires. Donc, je n'ai pas cette information. »

M. Dubois croit que le style de gestion de M. Hébert est différent de celui de son prédécesseur et qu'il a pu demander des comptes que le SPVM n'avait pas l'habitude de se voir réclamer. Mais, il ne croit pas qu'il y ait une guerre de personnalité entre MM. Hébert et Parent.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron est également intervenu dans le débat en réclamant un peu de calme. Il estime que toutes ces « crisettes » nuisent à la Ville et que la population montréalaise a besoin d'être rassurée après la démission de l'ancien maire Gérald Tremblay.

M. Bergeron croit que les élus et les hauts fonctionnaires devraient se contenter d'assurer une « transition tranquille » jusqu'aux prochaines élections municipales de novembre prochain.

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