Yalda Machouf-Khadir passera une autre nuit en prison
Yalda Machouf Khadir, la fille du député de Québec solidaire Amir Khadir, ainsi que Zachary Daoust sauront mardi s'ils seront libérés sous conditions en attendant la tenue de leur procès.
Les deux jeunes, qui font face à divers chefs d'accusation en lien avec des événements liés au conflit étudiant, ont comparu lundi après-midi au palais de justice de Montréal. Ils demeureront détenus au moins jusqu'à ce que la juge Hélène Morin fasse connaître sa décision, mardi matin.
Arrêtée jeudi avec quatre autres personnes, Mme Machouf-Khadir fait face à 11 chefs d'accusation reliés à divers événements, dont des actes de vandalisme commis dans le bureau de circonscription de l'ancienne ministre de l'Éducation, Line Beauchamp. Les dommages sont estimés à 15 000 $. Ses empreintes digitales ont été retrouvées sur une vitre de l'édifice.
La jeune femme de 19 ans est aussi accusée de s'être livrée à du vandalisme dans un pavillon de l'Université de Montréal, où les dommages sont évalués à 50 000 $. La Couronne affirme en outre qu'elle a participé à un blocage du pont Jacques-Cartier et à l'occupation du Cégep du Vieux-Montréal, en plus d'avoir commis des voies de fait contre une photographe du Journal de Montréal au palais de justice, alors qu'elle y était venue pour comparaître dans un autre dossier.
La Couronne s'est opposée à sa libération, soutenant qu'elle avait été impliquée dans plusieurs événements.
Un père inquiet mais confiant
Son père, Amir Khadir, a assisté aux procédures toute la journée. « On fait confiance au jugement de la juge », a-t-il commenté, s'adressant brièvement aux médias aux côtés de son épouse et de la grand-mère de Yalda Machouf Khadir.
« Je pense qu'il faut simplement s'assurer que tout le processus soit empreint de la plus grande impartialité possible, qu'il n'y ait pas par là une tentative de régler le conflit qu'a le gouvernement avec les étudiants et les jeunes à travers le bras judiciaire. » - Amir Khadir
Il a cependant avoué être inquiet. « Si elle n'est pas libérée sous caution, ça va être difficile pour elle. Elle va devoir subir de nombreuses journées de détention, possiblement jusqu'au procès. »
Il s'est dit prêt à déposer au besoin une caution de 1000 $ pour aider M. Daoust, qui affirmait qu'il n'avait pas les moyens de verser une telle somme.
Deux autres étudiants, Xavier Beauchamp et Simon Langlois, ont été libérés sous conditions en échange d'une caution de 1000 $. Ils devront respecter un couvre-feu et ne pourront s'approcher à moins de 300 mètres d'un cégep, d'une université ou d'un édifice gouvernemental.
Des accusations ont également été portées contre Andréa Pilote. Les cinq suspects ont tous plaidé non coupable.
La juge a par ailleurs indiqué qu'elle ne tolérerait plus les rires ou les expressions d'émotions dans la salle, affirmant que cela s'était produit lors des comparutions, la semaine dernière. Elle a répété sa consigne après que des jeunes eurent ri pendant le témoignage d'un policier-enquêteur.




