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Politique

Vendredi 01 juin 2012 09 h 22

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Conflit étudiant : le premier ministre doit s'impliquer davantage, dit Marois

Après l'échec des négociations entre Québec et les étudiants, la chef du PQ Pauline Marois a insisté pour que le premier ministre Jean Charest s'implique personnellement dans le conflit.

« De toute notre histoire, je n'ai jamais vu un conflit d'une telle importance se régler sans que le premier ministre s'investisse lui-même dans les circonstances. » - Pauline Marois

En entrevue à l'émission 24 heures en 60 minutes, la chef de l'opposition officielle a estimé que la sortie de crise tant attendue n'a pas eu lieu parce que le gouvernement a peur de l'image qu'il pourrait projeter, s'il acceptait temporairement une proposition des leaders étudiants jusqu'aux prochaines élections.

« J'ai l'impression qu'actuellement, le gouvernement est dans une espèce de psychose où il craint de perdre la face. Or, on n'en est plus là. » - Pauline Marois

Selon Mme Marois, le gouvernement a créé la crise et l'a amplifiée avec l'adoption de la loi 78. Elle estime que les étudiants sont de bonne foi puisqu'ils ont mis des offres sur la table. « On peut les aimer ou pas, mais ils en ont, des propositions », a-t-elle fait valoir.

La députée de Charlevoix croit par ailleurs que le climat n'est pas propice à la tenue d'un scrutin. « Avant de demander des élections, le gouvernement doit solutionner le problème, au moins temporairement, parce qu'entre vous et moi, tenir des élections dans le climat actuel, ce serait, à mon point de vue, nuire à la démocratie et à son processus », a-t-elle jugé.

Elle a appelé le gouvernement à faire un dernier effort pour tenter de dénouer l'impasse. « Pourquoi ne pas faire un petit effort, le dernier, celui qui permettrait peut-être de franchir un pas, qui attacherait une solution qui serait convenable pour tout le monde », a-t-elle dit.

Legault appelle à la poursuite des négociations

Premier à réagir à l'impasse, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a quant à lui déclaré qu'après toutes ces semaines de conflit, toutes ces manifestations, le gouvernement ne pouvait interrompre les négociations.

François Legault estime qu'il faut régler la crise à court terme en fonction de la session d'automne. En ce sens, il croit que le gouvernement devrait accepter la proposition des étudiants sur les crédits d'impôt, même si elle n'est pas idéale.

Les étudiants estiment qu'une baisse du crédit d'impôt sur les études postsecondaires permettrait de dégager les sommes nécessaires pour effacer annuellement, et de façon récurrente, l'augmentation des droits.

« Ce qui est important c'est de protéger la qualité de nos universités, rappelle le chef de la CAQ. Donc qu'il y ait l'équivalent de 125 $ par étudiant qui soient ajoutés au financement des universités, que ça ne vienne pas de l'ensemble des contribuables, mais des étudiants, avec le crédit d'impôt ».

Le chef de la CAQ appuie la proposition étudiante pour la session d'automne. Il demande que les élections soient fixées pour la même période, dans l'espoir qu'un autre gouvernement règle la crise à long terme.

Un geste « irresponsable », selon Québec solidaire

Qualifiant « d'irresponsable » la décision du premier ministre de rompre les négociations, Québec solidaire appelle le gouvernement à se « ressaisir » et à retourner à la table des discussions.

« Au lieu de négocier de bonne foi avec sa jeunesse, Jean Charest a choisi d'accentuer les divisions au sein de la population avec une opération de relations publiques grossière visant à attaquer la crédibilité des étudiants. Quel gâchis! », a déclaré le député de Mercier, Amir Khadir, par voie de communiqué.

« Cette rupture des négociations nous fait réaliser que nous n'avons pas un gouvernement responsable à la table avec les associations étudiantes, mais bien un parti politique qui fait passer ses intérêts partisans avant la recherche d'une solution négociée. » - Françoise David, présidente et co-porte-parole de Québec solidaire

Le député de Nicolet-Yamaska et chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, a également dénoncé la rupture des négociations, déplorant lui aussi la partisanerie dont fait preuve le gouvernement.

« Le fait que le Parti libéral au pouvoir accorde davantage d'importance à son image publique qu'aux intérêts collectifs, ça en dit long. Il n'est pas normal qu'un gouvernement refuse de revoir ses positions par pure idéologie et simple calcul électoral. Après trop d'années à endurer ce genre de mauvaise gouvernance, le Québec mérite vraiment mieux », a-t-il soutenu.

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