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Jeudi 30 août 2012 18 h 00

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Le brûlant dossier syrien domine le 16e sommet des non-alignés à Téhéran

Loin d'être une rencontre protocolaire, le 16e sommet des pays non-alignés à Téhéran a donné lieu à des interventions remarquées de la part du président égyptien sur la crise syrienne.

Mohamed Morsi n'a pas manqué de critiquer Damas chez son premier allié, l'Iran. Il a qualifié le pouvoir de Bachar Al-Assad d'« oppressif », qui a perdu toute légitimité.

Pour le nouveau président égyptien, proche des Frères musulmans, « le massacre en Syrie ne prendrait fin qu'avec une intervention efficace de l'ensemble des pays non-alignés ».

La délégation syrienne a quitté la salle en signe de protestation.

C'est la première fois depuis 32 ans qu'un président égyptien est accueilli en Iran depuis la rupture de leurs relations en 1979 à la suite de l'accord de paix entre Israël et l'Égypte.

« La délégation syrienne a quitté la salle pour protester contre le contenu du discours de Morsi qui [...] est une ingérence dans les affaires intérieures syriennes et [...] une incitation à la poursuite du bain de sang en Syrie », a affirmé Walid Mouallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, qui faisait partie de la délégation.

Depuis sa suspension de la Ligue arabe en novembre dernier et de l'Organisation de la conférence islamique le 14 août, la Syrie participe pour la première fois à une rencontre internationale d'importance.

À la mi-août, le président égyptien avait proposé à l'Iran l'idée de créer un comité régional sur la Syrie formé de l'Égypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie.

L'Iran, qui veut jouer un rôle dans la résolution de la crise, a accepté cette idée.

Mais les États-Unis et une partie de l'opposition syrienne sont opposés à la participation de l'Iran en raison de son soutien au régime de Bachar Al-Assad.

Le président iranien, qui comptait faire échec à l'isolement voulu par les Occidentaux et certains dirigeants du Golf, n'a pas été épargné par le secrétaire général de l'ONU. Ban Ki-moon a exhorté les autorités iraniennes à prouver la nature pacifique de leur programme nucléaire. En des termes à peine voilés, le secrétaire général de l'ONU a condamné Téhéran pour avoir appelé à la destruction d'Israël et nié l'holocauste.

Les combats se poursuivent sur le terrain

Les insurgés syriens ont affirmé jeudi avoir abattu un MIG de l'armée syrienne dans la région d'Idleb, près de la frontière turque.

« L'avion a été abattu ce matin par nos hommes qui ont utilisé des armes automatiques peu après son décollage de l'aéroport (militaire) d'Abou el-Zouhour. Les deux pilotes se sont éjectés avec leur parachute et ont été capturés », a indiqué le colonel Afif Mahmoud Sleimane, chef du conseil militaire rebelle pour la province d'Idleb.

Dans la foulée, le commandant a assuré que les rebelles contrôlent désormais cet aéroport, d'où les soldats de l'armée régulière se sont enfuis ou ont été tués.

Un médecin militaire, qui a le grade de général, a affirmé à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que 8000 soldats de l'armée syrienne ont été tués depuis le début de la crise. Selon lui, la majorité des victimes ont été tuées par balle (60%), 35% sont mortes à la suite d'explosions - notamment par des roquettes antichars - et 5% ont été « égorgées ou décapitées ».

Boulangeries visés par les bombardements à Alep

Par ailleurs, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé les attaques de l'aviation qui visaient une dizaine de boulangeries dans la ville d'Alep, où des citoyens faisaient la queue pour s'approvisionner.

« Les attaques étaient au mieux menées sans réfléchir aux conséquences, mais leur récurrence laisse supposer que les forces gouvernementales visaient des civils », affirme HRW, ajoutant que dans les deux cas il s'agit de « crimes de guerre ».

L'ONG affirme que lors d'une attaque le 16 août dernier, 60 personnes ont péri, alors 70 autres ont été tuées.

L'extrême violence qui a lieu à Alep a provoqué une crise alimentaire, contraignant de nombreuses boulangeries à fermer leurs portes. Par conséquent, de nombreuses files d'attente sont formées devant les boulangeries qui restent encore ouvertes.

Par ailleurs, le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés a critiqué sévèrement jeudi l'idée d'établir des zones protégées pour les civils sur le territoire syrien. Elle serait contraire au droit humanitaire, a précisé Antonio Guterres, qui rappelle « Le principe internationalement reconnu selon lequel tout être humain a le droit de chercher et d'obtenir refuge dans un autre pays ».

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