Des monarchies du Golfe appellent leurs ressortissants à fuir le Liban
Cinq États arabes du golfe Persique ont appelé mercredi leurs ressortissants à quitter le Liban en raison du contexte d'instabilité créé par le conflit qui secoue la Syrie voisine.
Tour à tour, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et le Koweït ont lancé ces appels, prenant soin de conseiller la prudence à leurs ressortissants qui doivent rester dans le pays.
L'ambassade des Émirats arabes unis à Beyrouth a été informée « de menaces visant les ressortissants [émiratis] en lien avec le contexte politique difficile au Liban », a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères à Abou Dhabi.
De son côté, l'ambassade du Qatar dans la capitale libanaise a appelé au « départ immédiat » des ressortissants qataris du Liban en raison des tensions, a annoncé l'agence Qna.
Les ministères des Affaires étrangères du Koweït et de Barheïn ont emboîté le pas, notant respectivement la « détérioration des conditions de sécurité au Liban en raison de la situation en Syrie » et les « risques que cela comporte pour la sécurité des Bahreïnis ».
Des médias libanais ont quant à eux rapporté qu'un appel semblable de l'ambassade d'Arabie saoudite à Beyrouth a été lancé aux ressortissants saoudiens, soulignant aussi les « menaces » auxquelles ils seraient exposés.
Durant les derniers mois, le Koweït, Bahreïn et l'Arabie saoudite ont prévenu leurs ressortissants à plusieurs reprises, leur disant de ne pas se rendre au Liban, de le quitter s'ils n'avaient pas l'obligation d'y rester ou à tout le moins de communiquer aux ambassades l'adresse de leur résidence.
Un pays à l'équilibre fragile
Le conflit en Syrie attise les tensions au Liban. Après 30 ans d'occupation syrienne (1976-2005), opposants et partisans du régime du président syrien Bachar Al-Assad sont profondément divisés dans ce pays à l'équilibre confessionnel fragile. Le nord du Liban est régulièrement le théâtre d'affrontements entre alaouites favorables à Damas et sunnites soutenant les rebelles syriens.
Le premier ministre libanais Najib Mikati, qui prône la neutralité à l'égard de la crise qui frappe son voisin, a averti dimanche qu'il ne laisserait personne l'« importer » dans son pays, après l'arrestation trois jours plus tôt d'un ancien ministre réputé proche de Damas soupçonné de préparer des attentats au Liban.




