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Lundi 14 mai 2012 10 h 52

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Europe

La Grèce tergiverse, l'Europe s'impatiente

L'impasse politique persiste en Grèce, où le président a tenté, sans succès, de réunir les quatre principaux partis afin de discuter de la formation d'un gouvernement d'union nationale lundi. Acculé à la faillite, le pays est à la dérive politiquement pendant que ses alliés de la zone euro s'impatientent devant ses tergiversations au sujet de son plan d'austérité.

Arrivé deuxième à l'élection du 6 mai dernier - élection sans vainqueur ni gouvernement -, le parti Syriza a refusé de participer à la rencontre du président, Carolos Papoulias. Le parti favorise des pourparlers avec tous les partis politiques à l'exception de l'Aube dorée, un parti d'extrême droite qui a recueilli 21 sièges au parlement avec près de 7 % des suffrages.

En filigrane de cette crise politique, le respect du plan d'austérité adopté en échange de l'aide internationale qui a sauvé le pays de la faillite. La question a provoqué le morcellement du vote lors de la dernière élection, un morcellement qui a provoqué l'impasse politique actuelle. Le parti Syriza (2e du scrutin), hostile au programme d'austérité, refuse de s'associer aux socialistes du Pasok (3e du scrutin) et aux conservateurs de la Nouvelle démocratie (1re du scrutin) en raison de leur appui au plan d'austérité.

Le pays se dirige tout droit vers un nouveau scrutin qui pourrait se tenir à la mi-juin. Il revient au président grec de constater l'impossibilité de former un gouvernement et de déclencher de nouvelles élections. La date du 17 juin circule dans la presse grecque en prévision d'un éventuel scrutin.

Le parti Syriza, opposé au plan d'austérité imposé par l'Union européenne, est favori en prévision d'une nouvelle élection. Il récolte 10 points de plus dans les sondages en plus des 50 sièges - offerts en prime au parti qui arrive en tête du scrutin - sur lesquels il mettrait la main.

Le parti de gauche radicale est opposé au programme d'austérité tout en souhaitant le maintien de la Grèce au sein de la zone euro. Des positions irréconciliables, selon ses partenaires européens.

Nouvelle Démocratie (conservateurs) : 18,9 % des suffrages; 108 siègesSyriza (gauche radicale) : 16,8 %; 52 siègesPasok (socialistes) : 13,2 % des suffrages, 41 siègesGrecs indépendants (droite, contre l'austérité) : 33 siègesKKE (communiste) : 26 sièges - Le parti a déjà annoncé qu'il ne participerait à aucune coalition gouvernementale.Aube dorée (extrême droite) : 21 siègesGauche démocratique (centre gauche, Dimar) : 19 siègesLe Parlement grec compte 300 sièges. Une prime de 50 sièges est réservée au parti arrivé en tête du suffrage.

La commission européenne s'impatiente

Pendant que la Grèce tergiverse sur l'application du programme d'austérité, la Commission européenne enjoint à son mauvais élève de respecter ses engagements.

Le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, estime que c'est une « équation impossible » et une position « irresponsable ». « Il faut bien comprendre que si la Grèce veut rester dans la zone euro, elle doit remplir ses engagements envers le FMI [Fonds monétaire international], la BCE [Banque centrale européenne] et la Commission européenne », a déclaré M. Stubb.

Bien que la volonté des pays de la zone euro soit de conserver la Grèce dans son giron, un éventuel divorce n'est plus exclu. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a d'ailleurs haussé le ton la semaine passée, en affirmant que la Grèce devait désormais choisir si elle voulait demeurer dans la zone euro ou non.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, estime également que la zone euro peut survivre au départ de la Grèce. L'Allemagne, principal bailleur de fonds de la Grèce lors de l'intervention de sauvetage de la zone euro, évalue les coûts d'une telle éventualité. M. Schäuble a fait valoir que si une sortie de la Grèce entraînait « beaucoup de turbulences » pour la zone euro, elle permettrait aussi au pays de dévaluer sa monnaie et de soutenir ainsi sa compétitivité.

Le chef de la banque centrale belge, Luc Coene, a ainsi évoqué la possibilité d'un « divorce à l'amiable », dans le Financial Times.

Un tel scénario aurait tout de même de graves répercussions, a averti l'agence Fitch, qui placerait « probablement les notes de tous les pays présents dans la zone euro sous surveillance négative ». Ces pays risqueraient de voir s'abaisser leurs notes dans un délai relativement court.

Réunis à Bruxelles, les membres de la zone euro menacent d'abandonner la Grèce à son sort, mais cette solution ne constituerait pas la fin des ennuis de l'Union européenne. Pendant que la Grèce est au plus mal, l'Espagne et l'Italie suscitent également des inquiétudes.

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