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International

Vendredi 27 avril 2012 19 h 42

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Ban Ki-moon accuse le régime syrien de violer ses engagements

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, accuse le régime de Bachar Al-Assad de violer ses engagements contenus dans le plan de paix de son émissaire Kofi Annan. Il a ainsi joint sa voix à celle de l'UE qui a lancé des accusations similaires vendredi.

Pendant ce temps, les violences se poursuivent en Syrie, où 11 personnes ont perdu la vie et 28 autres ont été blessées, vendredi à Damas, dans un attentat-suicide.

Ban Ki-moon s'est dit « profondément alarmé » par la poursuite des violences et des tueries en Syrie, dont les bombardements et les explosions dans diverses zones résidentielles, et les affrontements armés.

« Cette situation est inacceptable et doit cesser immédiatement. » - Ban Ki-moon

Le gouvernement et les rebelles s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu et le régime se réserve le droit de répliquer à toute attaque.

La pression de l'UE

L'UE a également accusé Damas de violer les dispositions du plan de paix, notamment en ce qui a trait au retrait de ses troupes et des armes lourdes des villes du pays. « Nous sommes très inquiets de la poursuite de la violence malgré le cessez-le-feu accepté par le régime syrien. Il est clair que le régime syrien ne suit pas ses obligations », a indiqué le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton. « Ils ont promis de retirer leurs troupes des villes et ce n'est pas le cas », a ajouté le porte-parole Michael Mann.

L'UE espère toujours que la présence des observateurs de l'ONU permettra d'améliorer la situation. Elle se dit prête à soutenir de façon technique la mission. Le porte-parole de Mme Ashton a toutefois refusé de spéculer sur l'éventualité d'un recours à la force contre le régime syrien.

L'ONU a déployé 15 observateurs en Syrie et elle devrait en envoyer jusqu'à 300 d'ici un mois afin de faire respecter le cessez-le-feu intervenu le 12 avril dernier.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a évoqué cette possibilité, mercredi, en qualifiant le plan de paix de M. Annan de « fortement compromis ».

  • cesser les combats;
  • accepter « un processus politique ouvert »;
  • permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dans les zones touchées;
  • libérer des prisonniers arbitrairement détenus;
  • permettre la liberté de circulation pour les journalistes;
  • respecter le droit de manifester pacifiquement.

Les Frères musulmans syriens interpellent Ban Ki-moon

De leur côté, les Frères musulmans interpellent le secrétaire général de l'ONU pour qu'il suspende la Syrie de l'ONU et des autres organisations internationales. « Nous demandons à Ban Ki-moon d'annoncer que le gouvernement (du président Bachar Al-Assad) a failli à son engagement au plan de paix et de déclarer fini le plan de Kofi Annan [...] au moment où des dizaines d'innocents meurent aux mains des gangs de voyous », ont-ils déclaré par voie de communiqué.

Les Frères musulmans syriens dénoncent le « silence » de la communauté internationale face aux « crimes » du régime syrien. Ils vont jusqu'à accuser la communauté internationale de « complicité de génocide ».

M. Ban a exigé, jeudi, que Damas « respecte ses engagements sans délai » après des rapports des observateurs internationaux déployés dans le pays faisant état de violations du plan Annan.

Un attentat-suicide fait 11 morts

Les condamnations internationales et des engagements envers le plan de paix ne réussissent pas à faire cesser les violences. L'attentat-suicide survenu à Damas a fait au moins 11 morts et 28 blessés parmi des civils et des représentants des forces de l'ordre.

L'attentat s'est produit à la sortie des fidèles de la mosquée Zeine al-Abidine, selon la télévision syrienne proche du pouvoir. Les autorités accusent des « terroristes » d'être à l'origine de l'attentat. Des militants, pour leur part, montrent le régime du doigt et l'accusent d'être derrière l'attentat. Les militants précisent que le réseau Internet a été coupé quelques minutes avant l'explosion.

L'Organisation syrienne des droits de l'homme (OSDH) soutient que plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont sortis dans les rues du pays pour dénoncer le régime. Les manifestations se déroulent en dépit des bombardements qui se poursuivent sporadiquement. L'OSDH déplore la mort de trois personnes, dont un enfant, dans la région de Damas dans des tirs des forces gouvernementales.

Les manifestants dénoncent l'inertie de l'ONU et l'impuissance de ses observateurs. Des militants et des ONG ont rapporté des morts et des blessés dans des villes à la suite du passage des observateurs de l'ONU.

« Observateurs, arrêtez de jouer avec le sang de notre peuple. » - Une pancarte d'un manifestant en banlieue de Damas

« Mission Annan, s'il vous plaît, ne venez pas nous voir, vous êtes devenus la source des tueries. » - Une banderole d'un manifestant de Hass

Au siège social de l'ONU à New York, des diplomates ont annoncé que le général norvégien Robert Mood était en route pour Damas. L'homme de 54 ans doit prendre la tête de la mission d'observation de l'ONU. Il avait négocié le déploiement des 30 premiers observateurs et il devra gérer l'arrivée de 100 autres membres de la mission d'ici un mois. À terme, c'est 300 observateurs qui doivent veiller au respect du cessez-le-feu.

Une autre explosion, dont l'origine demeure indéterminée, est survenue quelques heures avant l'attentat. Elle s'est produite près d'un bâtiment gouvernemental où se réunissent des miliciens fidèles au président Bachar Al-Assad.

L'ONU estime à plus de 9000 morts le bilan des violences en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad en mars 2011. Le régime affirme pour sa part que des « groupes terroristes » soutenus par l'étranger sont responsables de la mort de 2600 militaires et policiers.

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