L'Irlande se prononce sur le pacte budgétaire européen
Les Irlandais sont appelés aux urnes jeudi matin dans le cadre du référendum sur le nouveau pacte budgétaire européen, signé par les chefs d'État et de gouvernement de 25 pays membres de l'Union européenne.
L'Irlande, qui a profité d'une aide financière de 85 milliards d'euros en 2010, est le seul pays de l'UE à avoir choisi de se prononcer par référendum.
Bruxelles s'attend à ce que le oui sorte grand gagnant du scrutin. Les derniers sondages abondaient dans le même sens, mais près d'un tiers des 3,1 millions d'électeurs se disaient encore indécis.
Si les électeurs décidaient de rejeter l'accord, cela ne remettrait pas en cause le traité, mais le gouvernement irlandais se priverait des fonds du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit entrer en vigueur en juillet.
Le Sinn Féin (parti nationaliste de gauche) a fait campagne pour le non, estimant que le pacte budgétaire « inscrira l'austérité dans la Constitution » irlandaise.
L'objectif du pacte est de renforcer la discipline budgétaire en Europe, afin d'éviter que la zone euro ne soit plongée dans une nouvelle crise de la dette. Le Royaume-Uni et la République tchèque sont les deux seuls pays de l'Union européenne à ne pas avoir signé ce traité.
Le pacte budgétaire en bref
Le pacte budgétaire conclu par les pays européens prévoit notamment de limiter les déficits budgétaires structurels des pays à 0,5 %. En plus de sanctions presque automatiques en cas de déficit trop élevé, le pacte autorisera un droit d'intrusion européen accru dans la préparation des budgets des pays.
De plus, les États qui reçoivent des plans de sauvetage, comme la Grèce ou l'Irlande, pourraient être placés sous tutelle européenne.
Le pacte vise également une réforme limitée du futur MES, qui sera désormais épaulé par la Banque centrale européenne. En fait, le renforcement des ressources du Fonds monétaires international (FMI), qui participe à l'apport de fonds prévus par le MES, est l'une des principales réformes conclues.
Ainsi, 200 milliards de prêts seront accordés au FMI, dont 150 milliards proviendraient de la zone euro. Notons que le MES est un dispositif de gestion des crises de la zone euro qui doit remplacer en 2013 le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière.




